29 septembre 2011

Citation...

Il y a quelques jours, ma fille m'a parlé de cette citation que je ne connaissais pas d'un artiste belge que je ne connaissais pas non plus...

« Ton christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes vacances sont turques, tes chiffes sont arabes et... tu reproches à ton voisin d'être étranger ! »

Julos Beaucarne

27 septembre 2011

Ah, l'automne à Montréal...

On dit qu'après un marathon ou un demi-marathon, il faut reprendre la marche pour détendre les muscles. Ça tombe bien, il faisait très beau aujourd'hui (l'automne est ma saison préférée, tant le ciel est limpide, l'air est frais et les espaces verts de la ville - nombreux - prennent un ton rouge-orangé). Avec l'excuse d'une course au centre-ville, je me suis rendue sur les rues Sainte-Catherine et McGill. Et je suis (re)tombée en amour avec ma ville d'adoption. Il faut avoir voyagé ou vécu ailleurs pour apprécier l'air d'aller de cette métropole où se côtoient autant de nationalités différentes, et où l'on croise souvent des groupes d'amis, reproductions à moindre échelle de l'ONU. Aujourd'hui, les travers qui caractérisent toute grand ville semblaient avoir disparu... Ainsi, j'ai parcouru le magnifique parc de l'Université anglophone McGill - une des meilleures au monde - et le Ghetto McGill (quartier étudiant) à la sortie des cours. Marcheurs et utilisateurs de BIXI envahissaient les rues. J'aurais voulu retourner des années en arrière pour faire partie de cette belle jeunesse, à la fois désinvolte et sérieuse. Oui, on parlait pas mal anglais mais je suis certaine que si j'avais bifurqué par les universités francophones (l'Université de Montréal ou l'Université du Québec à Montréal), le français aurait pris le relais. C'est la réalité d'une ville bilingue. Bref, soyons fiers de notre ville, et prenons-en soin pour que tout le monde y trouve sa place.

J'en profite pour vous parler de trois expositions en cours qui valent vraiment le coup d'oeil. Peut-être les avez-vous déjà vues. Il s'agit de l'exposition offerte par le Musée McCord, déployée en plein air sur l'avenue McGill, laquelle propose un portrait du Montréal du XIXe siècle grâce aux archives photographiques du célèbre William Notman. Toujours frappant et émouvant.

Il y a également le World Press Photos qui se tient au Marché Bonsecours jusqu'au 2 octobre. Vous y découvrirez une sélection des meilleures photographies de presse de l'année prises dans plus de 100 villes. Même si l'ergonomie de l'expo ne rend pas hommage au travail des photographes, on est toujours saisi par la beauté cruelle des photos. À ce titre, j'ai eu une drôle de pensée : avec tous les moyens d'information à notre disposition et l'accès quasi quotidienne à des images terribles issues de guerres ou de catastrophes naturelles, serions-nous devenus blasés ? Je me posais la question tant on passait rapidement d'une photo à l'autre, à la fois voyeurs et incrédules. Une photo m'a cependant réellement troublée, soit celle de cette bousculade meurtrière lors de la Love Parade en Allemagne en 2010. Impossible pour moi de regarder la mort dans les yeux dans des circonstances aussi traumatisantes.

Enfin, sur un ton plus léger, il y a l'exposition sur la culture manga qui a pris l'affiche pour une année dans la salle principale d'exposition de la Grande Bibliothèque. Bon, certains me diront que je ne suis pas objective puisque cette expo a été scénographiée de A à Z par l'agence Lichen que je connais quand même bien... Peut-être, mais je vous invite vraiment à aller y faire un tour, que vous soyez amateur(e) de mangas ou simplement curieux(se). Pour ma part, mes seuls contacts avec la culture manga sont limités aux films d'animation de mon enfance tels que Au pays de Candy, Goldorak ou Albator, et plus récents tels que Le voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki. Un petit conseil : prévoyez du temps car il y a du « stock », et si vous avez des enfants, pensez à aller faire un tour à l'Espace Jeunes. Ils adoreront certainement les figurines et autres Pokémon...

25 septembre 2011

Je l'ai fait !

En 3 heures et 8 minutes, j'ai accompli mon premier demi-marathon (21,1 km) en marche rapide ce 25 septembre, sous une température chaude et humide comme Montréal peut en connaître; conditions que j'exècre au plus haut point.

Bon, c'est sûr que je suis loin de l'exploit extraordinaire du Kenyan qui a terminé le parcours de 42,2 km en deux heures, treize minutes et huit secondes...

Mais cela représente pour moi un dépassement à la fois physique et mental, alors que j'aurais presque fléchi dans ce long faux plat qu'est le boulevard Pie IX, à l'approche de l'arrivée au Parc Maisonneuve.

Je ne vous cacherai pas que ça fait un petit velours sur le coeur quand tout ce monde vous encourage vers la ligne d'arrivée, que vous vous voyez sur grand écran et que votre nom est annoncé par une voix digne d'un commentateur sportif.

Ma tête bourdonnait, mes jambes me tenaient à peine et je ne réalisais pas encore ce qui venait de se produire. Ce n'est que lorsque je me suis retrouvée dans les bras de mon amie Karole que les larmes ont jailli; des larmes de fatigue et surtout d'émotion après ces derniers mois qui m'ont vue plonger dans une période difficile de ma vie et qu'il me tarde de quitter. Aujourd'hui, une importante étape vers le mieux-être a été franchie, c'est sûr.

Après une petite pause sur l'herbe avec ma fille et quelques amis qui s'étaient déplacés pour l'occasion, il a fallu se relever. Ouille, ouille, ouille. Disons que ma démarche jusqu'à la maison était bien loin de celle plus sportive que j'avais arborée quelques heures plus tôt. Pas très beau à voir...

Mais après le repos du guerrier, je suis certaine que cela n'y paraîtra plus.

Alors, rendez-vous au Marathon de Montréal de 2012. Quelqu'un m'accompagne ?

24 septembre 2011

Citation...

« Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder. »

Oscar Wilde (1856 - 1900)

22 septembre 2011

Ma fille me dépasse


Alors qu'elle avait cinq ou six ans, je ne sais plus, je l'entends me dire d'un ton enjoué « il est beau ton sus-gorge là, maman ! » (pour ceux ou celles qui n'auraient pas compris, elle voulait dire soutien-gorge) ou encore d'un ton plus affirmatif « merde, c'est un gros mot hein maman ? On dit pas merde, hein maman ? Moi, je dis jamais merde... ».

Aujourd'hui, elle a douze ans et elle m'embrasse pratiquement sur le front en me disant « je t'aime. ». Cet enfant que j'avais imaginé en tous points pareil lorsque je l'attendais a grandi et a mûri peut-être plus vite que nature lorsque son petit frère de deux ans est tombé malade et qu'elle est devenue quasiment en même temps la grande soeur d'une petite Violette qu'elle aime tant.

Aujourd'hui, elle a douze ans et elle aime les bonbons et les chips, s'adonne à l'art dramatique à son école et tâte de la guitare, s'irrite pour rien et s'emballe rarement, s'indigne des effets de la pollution et des signes de la pauvreté à même la rue, chante en anglais ses chansons préférées, peut se déguiser sur un coup de tête avec un sac de recyclage, n'apprécie pas trop les maths ni les sciences, essaie de faire plus de deux push-up sans s'écrouler, se cache les yeux quand elle surprend un baiser, rouspète et s'inquiète pour si peu, n'aime pas se laver et encore moins se coiffer, se rebelle et se querelle, est une flemmarde et remet toujours à plus tard ce qu'elle peut faire à l'instant.

Ma fille a douze ans et pour tout cela aussi, elle me dépasse.

Sa ou ses transformations me préparent tout doucement à la séparation, un passage obligé autant nécessaire que douloureux. Déjà, les bisous ou les marques d'affection dans la rue doivent être faits s'il n'y a point de connaissances à l'horizon. Difficile d'être spontanée... Déjà, les sorties entre amies remplacent de plus en plus nos moments de complicité. Déjà, je lui « fous la honte » si j'ose une blague en public ou si je parle trop fort.

Bref, c'est ma fille unique et je l'aime avec ses qualités et ses défauts. J'espère que la(les) tonne(s) d'amour que je lui donne, mes conseils mais aussi mes limites lui permettent de grandir en toute confiance pour pouvoir partir ce jour-à sans trop se retourner.

17 septembre 2011

Ils m'ont lessivée...

Il y a d'abord eu ce chauffeur d'autobus qui avait dû se lever du mauvais pied qu'il n'avait certes pas sur le frein ce matin là, si bien que nous devions nous retenir à tout ce qui nous tombait sur la main. Bon, c'est un détail pas si grave en soi puisque c'est le lot d'une vie trépidante dans les transports en commun.

Par la suite, cela a commencé à se corser - terme tout à fait approprié, me direz-vous, puisqu'il s'agit de gros bras. Le rapport de l'Unité anti collusion nous confirmait en effet le niveau de corruption qui règne dans le monde de la construction. On y apprenait que les pommes pourries étaient autant des politiciens, des mafiosos, des ingénieurs que des entrepreneurs. Ce qui est désolant, c'est que ce rapport éclabousse toute une profession qui compte aussi des travailleurs, à la fois honnêtes et passionnés par leur métier.

Il y a eu aussi cette nouvelle qui m'a vraiment minée (encore un terme pas tout à fait innocemment choisi) puisque je vais vous parler de notre André national, c'est-à-dire André Boiclair. Oui, oui, celui qui a été chef péquiste et ministre de l'Environnement. En passant, saviez-vous qu'il est consultant indépendant pour la firme d'ingénierie Dessau ? Bref, André Boiclair est devenu cette semaine conseiller auprès de la compagnie albertaine Questerre Energy, un acteur important de l'industrie canadienne du gaz de schiste. Celle qui lorgne pas mal sur le Québec. Ainsi, André suit les pas de son aîné, Lucien Bouchard, qui occupe la présidence de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ). J'ose espérer que leurs nouvelles priorités leur permettent de s'assurer des intérêts de la belle province...

Enfin, et non des moindres, une autre nouvelle qui m'a terrassée : l'annonce par le Conseil du trésor de coupures de budget de l'ordre de 800 M$ dans ses ministères. Un premier choc puis un deuxième quand on apprend que ce sont les ministères de la Santé et de l'Éducation qui vont devoir serrer la ceinture. Mais le pire était à venir: ces coupures sont dues, entre autres, aux dépassements de coûts en transport (sic) et à ceux liés aux inondations en Montérégie (sic). Quoi, je vais devoir payer le prix de la cupidité de certains et de la sottise d'autres qui, pour certains, aiment l'eau de trop près, quitte à saccager l'écosystème !!!

En toute honnêteté, je suis atterrée et terriblement inquiète sur notre capacité collective à nous sortir de ce marasme. Ce qui me fascine - non, ce n'est pas le bon mot - ce qui m'effraie le plus, c'est que au sein d'un aussi petit peuple (je parle du nombre de personnes), il y ait autant de pommes pourries. Le Québec, terre d'eau, est-il en train de couler ? Quel est mon avenir et celui de ma fille dans un endroit qui ne semble pas en avoir, tant on se regarde le nombril en se disant qu'on est donc distincts et « ben » chez nous...

08 septembre 2011

Citation...

À quoi peut servir de réussir sa vie ?
Ce qu'il faudrait, c'est rater sa mort.

Jean Yanne (1933-2003)

07 septembre 2011

Montréal, la Kinshasa du Nord ?

Je viens de comprendre à quel point le Québec peut être une société bien distincte. Distincte grâce à certains de ses élus dont la vision ne dépasse pas le bout du tunnel. Distincte grâce à des entreprises dont le seul objectif est que les affaires roulent, quitte à faire n'importe quoi. Distincte grâce aux intérêts qui semblent nous unir : sports, météo, circulation.

Ainsi, pouvez-vous me dire dans quel autre pays ou ville on peut se vanter d'avoir une station de radio entièrement dédiée à la circulation ? Non ? Ce n'est pas grave, car l'important est que l'on peut se vanter - ou pas - d'en avoir une ici, à Montréal ! Parions qu'à Kinshasa (République démocratique du Congo) qui, chaque jour, connaît des embouteillages monstres auxquels j'ai survécu sous la chaleur et sans climatisation, ils doivent presque nous envier.

Bien logiquement appelée Radio Circulation 730 AM, celle-ci a été lancée en grandes pompes ce mardi sur l'ancienne fréquence de la défunte CKAC Sports et informera les automobilistes « bouchés » sur nos routes  grâce à des bulletins diffusés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Impressionnant, non ? Surtout quand on pense que l'entreprise propriétaire, Cogeco, a un contrat de publicité de neuf millions de dollars sur trois ans avec Transports Québec pour lancer ses nouvelles stations de circulation (une francophone et une anglophone à venir). Quand je vous disais que tout le monde est heureux...

Ah oui, j'oubliais, cette nouvelle station parlera aussi de météo. Bien important car au Québec, la météo règne sur nos vies. On ne peut pas vivre une journée sans entendre parler d'elle. Quelque soit la saison, on ne s'en lasse pas. Nos canicules qui durent deux jours, nos inondations qui touchent des riverains qui aiment l'eau de trop près et nos premières chutes de neige qui - oh, surprise ! - nous surprennent toujours en décembre. Même les tornades ne nous épargnent pas. Heureusement qu'elles ne sont que de catégorie 0 comme à Trois-Rivières (je ne savais même pas que ça existait)...

Je vous l'avais bien dit que l'on était distinct.