25 septembre 2012

Entendez-vous cet enfant qui pleure ?


Ça a commencé par des fessées, puis le martinet et ses lanières de cuir ont laissé ses marques quand ce n'était pas la ceinture avec ou sans sa boucle, selon le niveau de sa colère. C'était sa façon à lui de nous éduquer mon frère, ma soeur et moi.

En tout cas, j'avais toujours pensé avoir reçu une éducation normale jalonnée de multiples corrections méritées. Jusqu'à mon arrivée au Québec où mon vocabulaire lié à mon enfance a intégré le mot battre, ce qu'avait fait notre père à sa manière.

La semaine dernière, un double page dans La Presse nous apprenait que le Québec a vu le nombre de signalements de sévices auprès des enfants bondir de 10 % depuis un an, soit 6 889 cas de trop.

Une nouvelle-choc qui, à mon avis, requiert tout autant, sinon plus, d'attention que celle portée au lock-out dans la LNH, aux petits cacas nerveux des porte-paroles de La Classe ou aux débats à l'Assemblée nationale.

Il y a véritablement péril en la demeure quand un pan de plus en plus grand de notre jeunesse est mise à mal dès le plus jeune âge. Rien qu'à Montréal, le nombre de signalements a pratiquement doublé depuis 10 ans !

 Après l'intimidation, le décrochage scolaire, le taux de suicide, voilà donc un autre fléau qui touche un grand nombre de ceux et celles qui feront les adultes de demain.

Voilà donc un autre fléau qui pointe les dommages d'une société qui a en son sein de plus en plus de parents en détresse, affectés par une maladie mentale ou toxicomanes. Voilà donc un autre fléau qui démontre un tissu social de plus en plus fragilisé où l'isolement, la pauvreté, la violence conjugale et familiale font des dommages de plus en plus préoccupants.

Comment tous ces enfants signalés ainsi que ceux qui continuent de subir et de souffrir dans l'ombre, s'en sortiront-ils ? Qui peut nous assurer qu'ils ne seront pas des bombes psychologiques à retardement qui exploseront un jour ou l'autre à la face de leur propre famille, de leurs collègues ou de leurs amis ?

Une chose est certaine, impuissante, je ne peux que féliciter et admirer les intervenants du système de protection de la jeunesse. Je ne peux imaginer l'ampleur des drames familiaux qu'ils doivent digérer dans le cadre de leur vocation (peut-on parler de travail dans leur cas ?).

Vous allez peut-être trouver mon anecdote déplacée, mais lorsque j'ai lu l'article de La Presse, je me suis souvenue de ces mères au Rwanda qui nous tendaient leur bébé à mes collègues et à moi-même directement par les fenêtres de notre véhicule. « Sauvez-le en l'emmenant avec vous dans votre pays. » nous suppliait chacune d'entre elles.

Comment pourraient-elles imaginer un seul instant que dans nos tribus riches et dites « civilisées », il y a de nombreux enfants qui ne meurent peut-être pas de faim (mais qui ont souvent le ventre vide) mais qui souffrent en silence de sévices corporels, de négligence ou même d'abandon de la part de leurs propres parents...

22 septembre 2012

Suis-je trop vieille pour vous ?


Avant tout, je dois préciser que je fais partie de la génération X, que mes valeurs au travail se rapprochent davantage de celles de la génération Y, que j’ai une fille de la génération Z et que je me sens interpelée par la génération N, dit « neutre » en ce qui concerne l’auto dont elle n’est nullement accro. Ah oui, j'allais oublier, il y a moins de deux ans, j’étais encore un véritable dinosaure.

Plus sérieusement, je travaille depuis plus de dix ans dans le domaine des communications avec un passage d’une durée de cinq ans dans une agence de marketing expérientiel. Un univers que je considère bien connaître, mais qui me semble en ce moment un peu lointain tant il se trouve dans une phase de pleine transformation avec l’apogée des ultra médiatisés médias sociaux. Certes, il s'agit là d'une révolution extraordinaire dans un monde qui semble par conséquent de plus en plus petit.

Mais non, pourquoi pensez-vous ça ? Je n’ai absolument rien contre les médias sociaux ! Peut-être un peu plus contre le trop plein d’information, de discussions ou de débats autour de leur raison d’être. Mais, bonne joueuse que je suis, j'ai quand même sauté dans l’arène malgré mon statut de dinosaure; je suis ainsi présente sur Facebook et sur Linkedin, j’ai créé mon propre blogue et j’ai même ouvert un compte Twitter, celui-là qui me place face à de véritables défis, moi qui aime tant écrire.

Quand je dis écrire, je veux vraiment dire écrire.  Écrire des phrases et des mots, eux qui ont pourtant perdu du poids au fil des années pour atteindre l’apogée de leur minceur avec les réseaux sociaux. Avec une économie de mots, une économie de temps, une économie de processus, nos relations sont certes devenues plus faciles, plus efficaces, plus globales. Soi disant nouveaux modes de communication universelle, ceux-ci méritent-ils toutefois toute la place qu’on leur réserve dans nos sphères de communication ? Là est toute une question.

Mais ne perdons pas trop de temps à trouver la réponse, car le train est en marche puisqu'une expérience et une connaissance approfondies des réseaux sociaux font désormais partie des principales habilités que les employeurs recherchent en chaque candidat.

Alors, pour revenir à ma question-titre, à 45 ans et malgré mon expérience, suis-je condamnée à rater le train, alors que je suis coincée entre les baby-boomers bien assis aux postes clés et les plus jeunes de la génération Y, cette génération ultra branchée et ambitieuse ? Y a-t-il encore de la place pour une professionnelle comme moi qui croit en l’importance du poids des mots et de l’écrit réfléchi en termes de création ?

J’ose espérer que oui. Car je suis convaincue que les réseaux sociaux peuvent être une valeur ajoutée pour toute entreprise ou marque qui veut entretenir une relation durable avec ses clients. Tant et aussi longtemps qu’ils ne servent pas uniquement de faire-valoir et de gazouillis, mais plutôt de plateforme où l’écrit trouvera sa revanche sur la base d’un contenu étoffé et de qualité. Car il n’y a rien de pire que de parler pour ne rien dire, vous ne trouvez pas ?

19 septembre 2012

Youpie, le 22 septembre approche !


Nombreux ont été ceux et celles qui sont montés au créneau lors de l'augmentation drastique du prix au litre de l'essence il y a quelques jours. On peut les comprendre tant il est vrai que les écarts de prix entre Montréal et certains autres coins de pays avaient de quoi faire râler. Car on peut bien entendu supposer que certains s'en mettent un peu plus dans les poches sur le dos des fluctuations du prix du pétrole.
Ce pétrole qui, un jour, va bien finir par manquer, mais qui, pour le moment, ne cesse de semer son vent de pollution. Véhicules toujours plus nombreux et embouteillages quotidiens lui laissent le champ libre pour salir notre air sans en avoir l'air. Ce n'est pas près de changer quand on sait que les habitudes sont difficiles à changer, et que le développement de modes alternatifs de déplacement n'est pas pour demain tant Montréal et ses villes limitrophes ne parviennent pas à semer ne serait-ce qu'une petite graine.
Il faut dire que l'on ne parle pas ici d'un nouveau Colisée ou d'une Cité des sports à Montréal, nouvelle lubie de Guy Bertrand (avocat) cette fois. Incroyable comme il est facile de trouver de l'argent quand il s'agit de projets de financement privé. Comment se fait-il que ces bons samaritains friqués n'investissent pas aussi dans des infrastructures ou des moyens novateurs de transport public qui garantiront une meilleure qualité de vie (et de santé) pour tous et pour les générations à venir. Vouloir valoriser la pratique d'un sport, surtout chez les jeunes, est très noble de la part de ces groupes d'investisseurs, mais si les poumons des uns et des autres s'encrassent et s'épuisent en raison d'une qualité d'air pourrie, à quoi cela servira-t-il? Ne pourrait-on pas s'attaquer d'abord aux effets néfastes de la voiture reine pour nous assurer de mieux respirer par le nez et profiter alors de nos stades, colisées ou arénas flambant neufs?
Oh, il y en a bien qui tentent des expériences pour pallier un engorgement automobile dans leur coin, comme l'a fait à ses dépens le maire Fernandez de la «république» du Plateau, quartier qui entre vous et moi pâtit réellement d'un flot constant de véhicules.
Bien sûr, on peut ne pas être d'accord avec ces mesures qui devraient, en effet, relever plutôt d'une réflexion stratégique et centralisée de la Ville. Fussent-elles narcissiques, irréfléchies ou racoleuses, ces prises de décision ont pourtant le mérite d'être provocatrices. Il est évident que ce n'est pas une déviation de circulation par ci par là qui va régler cet enjeu majeur en ville. Mais j'ose espérer que des actions isolées pourront, un jour pas trop lointain, faire sortir nos élus de leur immobilisme dans lequel ils sont figés depuis trop longtemps.
Pour finir sur une note cynique ou d'humour comme vous voudrez: savez-vous ce qu'est le 22 septembre? C'est la journée En ville sans ma voiture qui fête ses 10 ans cette année. Eh bien, savez-vous quoi? Fini le périmètre fermé à la circulation en plein coeur du centre-ville de Montréal! Bien trop de problèmes pour les pôvres automobilistes, voyons donc. Mais attention, plus de 20 municipalités de la région de Montréal vont quand même fermer un tronçon de rue.C'est-y pas une action de bonne foi dans cette mascarade de marketing vert? Navrant.

16 septembre 2012

Pas de demi-marathon hélas...

Pour ceux et celles qui me suivent de près, je dois malheureusement « annoncer » officiellement que je ne pourrais pas participer au prochain marathon de Montréal ce 23 septembre. Alors que mon inscription est faite depuis plusieurs semaines, une fasciite plantaire m'impose de ralentir mes activités sportives. J'en suis bien attristée mais que voulez-vous, il vaut mieux prendre son mal en patience pour mieux revenir en pleine possession de ses moyens !

Je vais en profiter pour vous brosser très bientôt le portrait de deux super héros que j'ai la chance de côtoyer et que j'admire : mon amie Caroline Martineau qui participe régulièrement à des Iron Man en vue d'être qualifiée à celui d'Hawaï. Et la connaissant, elle va atteindre son objectif.

Je vous parlerai aussi de Lambert Gratton qui vient de grimper le mont Piscou (5 760 mètres) dans la Cordillère Blanche au Pérou. Oh, ce n'est pas sa première ascension, mais il faut souligner que ce gentleman a réalisé cet exploit parce qu'il a aussi un coeur grand comme ça. Après avoir rasé sa boule de poils frisés sur la tête, il en a bavé sur ce mont (faible mot pour une telle ascension) pour amasser des fonds qui reviendront à la fondation Sur la pointe des pieds qui organise des expéditions d'aventure thérapeutique au Canada destinées à aider des adolescents atteints de cancer.

Je vous en reparlerai très bientôt quand il reviendra à Montréal avec les jambes en coton et la tête dans les nuages qu'il a certainement vus de près.

11 septembre 2012

La langue française a bon dos


« Comment trouves-tu Montréal plongé dans cette agitation sociale ? » lui ai-je demandé. Spontanément, elle m'a simplement répondu « tant que je n'ai pas de pistolet pointé sur ma tempe, tout va bien ». Originaire du Liban, mon amie Y. revenait à Montréal ce printemps après plusieurs mois passés au Moyen-Orient. Il y également ma jeune collègue I., que je côtoie tous les jours et qui est originaire de l'ex-Yougoslavie. Toute petite, elle a connu les ravages de guerres de pouvoir qui ont détruit à jamais son pays autrefois uni et prospère qu'elle a dû fuir avec sa famille.

Il y a aussi ces images quotidiennes de ces réfugiés, souvent des femmes et des enfants, qui fuient à pied leur ville assiégée en Syrie pour se réfugier épuisés et sans ressources en Jordanie; celles de ces corps inanimés d'immigrants clandestins - dont beaucoup d'enfants - sortis des eaux alors que leur bateau de fortune qui les amenait vers un avenir supposément meilleur a sombré dans les eaux turques. Sans oublier celles de ces attentats sanglants et quasi-quotidiens en Irak.

Tout ça pour dire que l'on a la chance de vivre dans un petit coin de paradis sur terre, vous ne trouvez pas? Et il faut avoir vécu ou voyagé dans certains coins du monde pour se demander quelle est la raison qui nous pousse tant à saborder sans l'aide de quiconque ce petit coin de paradis. Peut-être un peu trop humaniste ou idéaliste, je ne me l'explique pas.
Certes, le français perd peut-être du terrain, particulièrement à Montréal, je le concède. Mais est-ce une raison suffisante pour dresser autant de barrières entre les communautés des deux peuples fondateurs du Québec? Est-ce une raison suffisante pour exacerber des tensions nourries presque uniquement par quelques ténors radicaux des deux bords embourbés dans une rancoeur sans fin?
Je suis extrêmement fatiguée d'entendre ces discours politiques bâtis sur ce même paradigme de la peur de l'un et de la légitimité suprême de l'autre. Je suis tannée de cette excuse nauséabonde de la primauté de la langue française pour bâtir une unité nationale forte où le «nous» s'imposera à «eux».

Il est déplorable que le Québec fonctionne encore en vase clos, où les grands bouleversements planétaires sont absents de nos petits débats teintés de victimisation et de mots revanchards. Je suis convaincue que ce gouffre de plus en plus grand entre la situation sur le terrain et les propositions de nos politiciens nuit fortement à notre foi en l'avenir en tant que puissance en devenir. En tout cas, à la mienne.

Le français perd donc des plumes. Entre vous et moi, ce n'est quand même pas Montréal qui, à lui seul, est en train de saborder le statut francophone du Québec tout entier. Mesdames et messieurs les élus de notre nouveau gouvernement et de l'Assemblée nationale, élaborez des lois, assurez-vous de leur respect et imposez des amendes salées si nécessaire. Bref, portez vos culottes et cessez d'alarmer. La loi 101 existe, adaptez-la ou renforcez-la si vous le jugez nécessaire. Pour ma part, je ne vous en voudrai pas.

Parce que j'ai hâte que l'on change de registre et que l'on grandisse sur cette richesse linguistique plurielle avec en son centre la langue française bien entendu.

Je vous laisse sur cette citation que j'avais déjà publiée sur ce blogue : «Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts.»(Isaac Newton)