27 novembre 2012

Pensée du jour...


Quand nos politiciens cesseront de se convaincre et de répéter ad nauseam que Montréal est une ville fière, décomplexée, culturelle, hyper créative, etc., ils se mettront enfin à faire quelque chose pour qu'elle le devienne vraiment.

26 novembre 2012

C'est un fait: le fric mène le monde


« Les ventes pendant le week-end de Thanksgiving, qui marquent le coup d'envoi traditionnel des achats de Noël aux États-Unis ont atteint un nouveau record (...). Les ventes ont atteint 59,1 milliards de dollars, en hausse de près de 13% sur un an. Les consommateurs américains ont dépensé en moyenne 423 dollars ce week-end contre 398 dollars un an plus tôt. » Ou «  Les Américains ont dépensé 1 milliard de dollars pour des achats sur Internet.  ». Voilà quelques données que l'on pouvait lire dans la presse au lendemain du Black Friday.
Puisqu'il semble que nous devions suivre le modèle de nos voisins du Sud, on pouvait lire aussi que l'attrait des magasins américains en cette période de soldes, accru par les exemptions de taxes frontalières, pousse désormais les commerçants canadiens et québécois à imiter leurs homologues américains afin de retenir les clients. En plus de la frénésie consumériste du Boxing day? on a donc aussi notre Black Friday. Youpie!
Vous n'avez pas mal au cœur, vous ? Moi, j'ai la nausée. J'ai comme une impression de ne pas vivre sur la bonne planète, d'être d'un autre monde. Je me demande ce qui pousse donc un si grand nombre de personnes à se comporter comme des affamés sur des biens dont ils n'ont peut-être nul besoin dans la plupart des cas ?
Mais où sont-elles ces « dégringolades boursières  », cette « grave crise monétaire » ou cette « très probable récession » qui résonnent comme de véritables menaces sur l'échiquier géopolitique mondial déjà bien fragile ? Ne nous dit-on pas que les États-Unis sont dans le rouge, que l'Europe vacille et que le Japon faiblit ? Oui ? Alors, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer pourquoi notre cerveau se met à off et nous devenons soudain des acheteurs compulsifs pendant ces journées que je qualifie d'attrape-nigauds.
Je suis vraiment chamboulée par ces annonces de chiffres records de ventes, comme celles du mois de septembre dernier qui annonçaient une vente de 5 millions de iPhones 5 en trois jours... Elles m'inspirent à la fois de l'incrédulité, de l'indignation et un très désagréable sentiment d'impuissance. Comment peut-on évoluer en tant que société si notre principal moteur carbure à la surconsommation ? Je sais que c'est un mot souvent utilisé dans un débat qui ne reste pourtant qu'à l'état de la parlotte. Pour ma part, je me pose régulièrement cette question. Des penseurs ésotériques pointent une quête de bonheur, de sérieux économistes visent un retour de la confiance des consommateurs, tandis que des professeurs universitaires en marketing en expliquent la genèse et les aboutissants. Cela n'arrive pas à me convaincre d'une prise de conscience prochaine.
On dit que notre printemps érable a modifié notre regard sur les enjeux qui nous concernent, ou encore qu'il y a eu un réveil de notre société. Je n'en suis vraiment pas certaine. Si nous étions vraiment réveillés, nous n'accepterions pas d'être pris pour des nigauds appâtés avec le gain de fric.
(Le terme « nous » est utilisé uniquement pour alléger le texte...).

24 novembre 2012

Citations...


« C'est parce que nous sommes si desséchés nous-mêmes, si vides et sans amour que nous avons permis aux gouvernements de s'emparer de l'éducation de nos enfants et de la direction de nos vies.  »

« Range le livre, la description, la tradition, l'autorité, et prend la route pour découvrir toi-même.  »

Jiddu Krishnamurti, écrivain et philosophe indien


20 novembre 2012

Garçon ! Mon gaspacho est froid !


Savez-vous quel est le point commun entre Frank Cotroni et Normand Laprise ? Tous deux ont publié un livre de recettes, l'un en 2003 et l'autre cette année. L'autre point commun est que tous deux sont (ou ont été dans le cas de Cotroni) des chefs de clans, l'un dans les délits criminels de toutes sortes et l'autre dans les cuisines de son fameux restaurant, le Toqué. Bien entendu, les comparaisons s'arrêtent là...
Certes, vous me direz qu'il s'agit là d'une entrée (sic !) en matière légèrement tirée par les cheveux pour vous donner l'eau à la bouche sur le sujet que je souhaite décortiquer ici, soit les livres de cuisine et les émissions culinaires à profusion. Aux côtés d'un Ricardo, maître de la pédagogie culinaire et de la convergence médiatique de son art, il y a entre autres Louis-François Marcotte, jeune chef-propriétaire de deux ou trois restos à la mode à Montréal, devenu la coqueluche du petit écran et des magazines. Il y a aussi la cuisine-people (terme librement inventé par moi-même) avec, par exemple, Christian Bégin ou Geneviève Brouillette (actrice que j'adore) qui tentent de nous faire saliver nonchalamment avec un verre de vin à la main, Mahée Paiement ou encore Mitsou qui avait su s'adjoindre les services du Docteur Béliveau dans le cadre de sa défunte émission scientifique et culinaire, Kampaï. Même si j'ai aimé à une époque voir Daniel Pinard et Josée di Stasio à l'oeuvre dans une cuisine, il m'arrive parfois de penser que nous allons bientôt tous avoir une indigestion collective tant le concept a été repris ou adapté pour mieux nous abreuver de recettes, de saveurs, de produits d'ici ou d'ailleurs. Ah oui, j'allais oublier l'inimitable Martin Picard qui n'hésite pas à dépecer le cochon en direct. Bien sûr, il y a de bonnes idées comme l'émission Les Chefs de Radio-Canada qui a le mérite de mettre de l'avant les talents de la relève sur les conseils avertis de maîtres en la matière.
Mais entre vous et moi, sommes-nous en assez grand nombre dans notre belle province pour assimiler toute cette salade passée à l'essoreuse des courses à l'audimat ? Les biens nantis parmi nous sont-ils si nombreux pour pouvoir se procurer des produits bio, locaux ou exotiques ? Est-ce cette surenchère de l'art culinaire qui peut nous permettre d'apprécier une vraie cuisine, qu'elle soit gastronomique, du terroir ou de quartier, affranchie de tous clichés et investie d'un seul et unique credo: le goût du bon?
Pas sûr... Ainsi, pour finir sur une petite note mi figue mi raison, permettez-moi de partager avec vous deux petites anecdotes d'un ami serveur dans un restaurant fréquenté particulièrement par des membres de la haute bourgeoisie montréalaise. La première étant cette dame qui avait porté son choix sur cette salade « mesclune » (prononcé tel qu'écrit) ou encore ce gentil monsieur qui héla le garçon car, voyez-vous, son gaspacho était froid...

12 novembre 2012

Je suis femme, et quand on est femme, on ne fait pas ces choses-là


C'est bien connu, les femmes ne sont pas cupides. Dans ce domaine, on semble parfois prétendre que la femme est loin d'être l'égale de l'homme dont elle revendique pourtant haut et fort (et avec raison) le droit à l'égalité.
C'est en tout cas ce que pense madame Lise Payette qui est le porte-étendard d'un féminisme radical. Sa dernière sortie à l'émission C'est bien meilleur le matin la semaine dernière en est un exemple quand elle a affirmé que la commission Charbonneau donne la preuve que la collusion et la corruption ne sont qu'une affaire d'hommes.
Bien sûr que c'est une affaire d'hommes, car sont-elles si nombreuses ces femmes qui choisissent ces métiers de la construction exigeants physiquement, intempéries ou pas? Mon père était conducteur de travaux routiers, et croyez bien que jamais il ne m'a donné le goût de suivre ses traces...
Ces opinions féministes si tranchées, on en a souvent. Souvenons-nous de ce tollé autour de la publicité sur l'allaitement mettant en vedette Mahée Paiement. Certes, elle était un peu exagérée, mais peut-on accepter la dérision sans monter au créneau et crier au loup?
Je suis mère et je n'ai absolument pas les moyens de vivre la vie en rose que voulait refléter cette pub. Mais en tant que femme, je ne me suis absolument pas sentie agressée par cette image hors norme. Que l'on ait dépensé de l'argent pour ça, oui, mais pas que l'on bafoue encore une fois les droits des femmes à décider d'allaiter ou pas.
Il y a 13 ans, je mettais au monde une fille et je n'ai absolument pas sentie cette pression de l'allaitement, tout comme mes amies plus jeunes et nouvelles mamans ne m'ont pas relatée de telles propagandes. Et puis, même s'il y en avait, on est assez grandes pour décider, non ?
Ah oui, une dernière chose, j'aurais bien aimé être aussi sexy et glamour que Mahée Paiement pendant que j'allaitais. Il n'y a rien de mal là. Arrêtons de nous comporter en petit peuple pour lequel tout ce luxe n'est pas pour nous.
Cela me fait penser à Fanny Malette qui, à la dernière cérémonie des Gémeaux, implorait les critiques de ne pas être trop critiques justement mais non pas envers les films mais envers leurs tenues parce que « vous comprenez, on est pas très riches donc on ne peut s'acheter de belles robes ».
Bravo pour le pouvoir qu'elle a donné aux autres au nom de ses consoeurs en accord ou pas. Et puis, depuis quand la classe et l'élégance sont synonymes d'argent ?
Pour finir, il existe des femmes qui aiment l'argent et qui sont prêtes pour cela à flatter dans le bon sens du poil l'homme qui saura la gâter. Quitte à vivre dans son nombre ou à accepter la disgrâce. Ne dit-on pas qu'il y a souvent une femme derrière les grands hommes.
Dans le cas de notre commission Charbonneau (dirigée par une femme!) on peut dire sans se tromper qu'il devait bien y quelques conjointes ou épouses aux côtés de ces personnages cupides et se la coulaient douce dans cette belle vie de château en se disant qu'il valait mieux ne pas trop poser de questions...
À celles qui vont s'arracher les cheveux en lisant ce texte, je voudrais préciser que celui-ci résume mon opinion face à nos petits faits divers. En aucun cas, il n'est une dévalorisation des efforts et actions de toutes ces femmes partout dans le monde qui luttent pour leur intégrité, leur éducation ou même leur vie.

10 novembre 2012

06 novembre 2012

Chronique d'un mardi pas tout à fait comme les autres

Le mardi est en général bien banal. Lendemain du lundi, proche du milieu de la semaine mais encore loin de la fin de semaine. Bref, ordinaire.

Ce matin, je me préparais donc à vivre un mardi comme les autres. Prête à prendre le chemin du boulot, je sors de chez moi quand j'aperçois notre facteur en train de faire sa tournée. « Y a-t-il du courrier pour moi aujourd'hui ? » lui ai-je demandé d'une voix ma foi bien enjouée. Il s'avance avec un paquet de lettres et magazines dans la main. « Lydia Coupé ? Non, pas aujourd'hui » répond-il avec le sérieux du facteur qui fait consciencieusement son travail. « Lydie Coupé » ai-je précisé, polie. L'affaire aurait pu s'arrêter là quand il me lance à brûle-pourpoint « Vous avez participé à une émission de radio à Radio-Canada, n'est-ce pas ? ». C'était même le 31 janvier dernier. Je me souviens parfaitement de la date tant j'avais adoré l'expérience de me retrouver derrière un micro. Je ne vous cacherai pas que cela m'a fait un petit velours. Je n'ai d'ailleurs pas manqué de féliciter chaleureusement mon facteur pour son extraordinaire mémoire, tout en me disant qu'à la place d'un nom si facilement identifiable, je devrais peut-être adopter un pseudo pour mieux sévir sur les ondes ou sur les réseaux sociaux. 

Deuxième petite anecdote. Avant de vous la relater, retournons à la soirée de vendredi dernier. Assise sur mon siège et l'esprit à off,  j'attendais que mon bus me mène à destination. À un arrêt, un grand jeune homme asiatique sur le point de sortir me salue en m'appelant par mon prénom. Je vous disais que mon esprit était à off; cela explique peut-être pourquoi je ne réussissais pas à me rappeler qui était ce charmant garçon. C'est lui qui a eu la délicatesse de minimiser ce trou de mémoire en m'informant que l'on travaillait au même endroit et que nous avions même eu l'occasion de nous croiser dans la journée...

Aujourd'hui mardi, nous nous sommes croisés de nouveau. Alors qu'il s'éloignait, je lui fais cette déclaration « Thuy, je te promets que la prochaine fois que nous nous verrons dans le bus, je ne manquerai pas de te saluer ». Un collègue me lance alors « pourquoi parles-tu de Thuy ? Elle n'est pas là aujourd'hui. ». Sceptique, je lui demande alors qui est ce grand jeune homme asiatique. « Il s'appelle Raymond. ». Ah ben ouais, logique...

Dernière anecdote assez particulière. Mon amie Audrey et moi-même rentrons souvent chez nous à pied en empruntant l'éternelle rue congestionnée qu'est Sherbrooke, et ce jusqu'à la rue Saint-Denis. Il y a deux jours, à l'arrêt avant de traverser le passage pour piétons, un charmant cycliste (bon, je dis charmant mais il est vrai que l'on ne voit que ses yeux car il porte la tenue complète et seyante de l'amateur de vélo). Cela n'a pas empêché une rencontre oculaire foudroyante entre lui et mon amie. Ce soir, comme à notre habitude, nous avons emprunté notre chemin jusqu'à l'endroit de la « rencontre ». Romantique à souhait, Audrey souffle « c'était à cet endroit là... ». Et moi de renchérir « imagine si on le revoyait... ». Je n'avais pas fini ma phrase qu'en tournant la tête, j'aperçois un cycliste qui se dirige vers nous. « C'est lui ! » ai-je lancé (crié, peut-être). Audrey l'avait aperçu aussi. Incrédules ou hystériques, le fou rire pris aux lèvres, il nous fut impossible de soutenir son regard qui encore une fois, se faisait insistant. On dit que le hasard n'existe pas. Il y a donc éventuellement une suite à venir.  Promis, je vous tiens au courant s'il devait y en avoir une.

01 novembre 2012

À force de niveler par le bas, on va toucher le fond

L'autre soir, mon amie Nancy prenait un verre avec une de ses amies. Le terme « amie » est un peu fort, car elles ne se connaissent pas vraiment. Mais vous savez ce que c'est, après deux ou trois consommations, on a tendance à se confier un peu plus ou à échanger des anecdotes de vie. Bien entendu vient un moment où LE sujet prend le dessus : l'amouuuuuur.

« As-tu un chum ? » demande Nancy pour ouvrir le bal. « Oui, oui, et depuis pas mal de temps. » lance l'autre d'un air triomphal (je vais l'appeler « l'autre » car je ne me souviens plus de son nom]. « Pas toi ? » ajoute-t-elle avec un léger trémolo d'empathie dans la voix. Et Nancy de souffler « eh non, c'est vraiment pas facile. Je commence même à désespérer. » Après une petite gorgée, question de faire passer cette dernière parole, l'autre déclare solennellement « c'est sûr, tu dois faire peur aux mecs. Tu sais, les filles indépendantes financièrement les fait fuir. Rien qu'à la façon dont tu es habillée, je suis sûre qu'ils se disent que tu réussis bien dans la vie. ». Nous y voilà. Et c'est pas un homme qui le dit, c'est une des nôtres ! Disons qu'on n'est vraiment pas sorties de l'auberge.

Faut-il donc être à l'image de ces jeunes femmes qui participent à l'émission ultra populaire (sic!), Occupation double, avec une attention focalisée sur leur physique sans pli, un sentiment d'exister uniquement dans les yeux des hommes (particulièrement ceux qui leur ressemblent) et une élocution à faire dresser les poils de la tête ?

Est-ce à dire que celles qui ont une carrière florissante, une tête sur les épaules et une bonne dose de culture générale sont vouées au célibat éternel ? Est-ce que cela signifie que si l'on est heureuse en affaires, on est voué à l'échec en amour pour toujours ? Eh bien non, les filles. Ne plions pas sous cette pression en adoptant des comportements uniquement pour être mieux acceptées ou rentrer dans le moule. De toute façon, dans une société où l'on considère « riches » ceux et celles qui ont un revenu annuel de 130 000 $, vous serez pendant longtemps encore ostracisées (je dis « vous » car mon revenu me classe dans le bas de la classe moyenne;  cependant, je travaille fort pour devenir riche et je n'ai pas honte de le dire).

Alors, mesdames, de grâce, continuez à chausser vos talons hauts, ou plats si vous préférez, relevez la tête, parlez politique ou économie dans vos dîners mondains, et soyez fière de ce que vous accomplissez. Et si un homme vous regarde de travers en raison de votre éloquence ou de votre portefeuille, eh bien passez votre chemin car cela signifie qu'il n'est pas à la hauteur pour vous mériter.

Écrit en toute amitié par une esseulée peu fortunée...