30 janvier 2013

Elle s'appelait Erika

Elle était ma grand-mère préférée. Une place facile, me direz-vous, quand on sait que généralement, on a que deux grand-mères. Mais pour une personne comme moi qui n'est pas très portée sur la famille et qui s'est exilée si loin d'elle, le dire et surtout l'écrire est la preuve qu'elle tenait véritablement une place dans mon coeur. Peut-être est-ce dû au fait que je suis restée souvent avec mes grand-parents maternels quand j'étais une très jeune enfant, alors que ma mère accompagnait régulièrement mon père dans ses déplacements professionnels. Celui-ci travaillait sur des chantiers routiers et leur maison était une caravane. Peu banale comme vie, tout comme le début de leur histoire d'amour d'ailleurs...

Sur la photo de leur mariage, ma mère apparaît frêle dans sa robe courte. Mon père, beau gosse, se tient fièrement à ses côtés. Elle a dix-huit ans et lui dix-neuf. On ne voit pas encore le petit ventre arrondi de la mariée, la preuve de leur amour mais aussi le signe d'une vie d’adulte qui va arriver plus vite que prévu.

Nous sommes en 1967, l’époque du yé-yé endiablé qui faisait danser la jeunesse de l'époque. C’est lors d’un des bals populaires de la place que ma mère, timide et rêveuse, tombera sous le charme de mon père, rebelle et chef de bande qui savait montrer les poings à l'occasion. Bref, je suis née de l'union d'un papillon avec un bourdon. Je sais, c'est une drôle de comparaison mais c'est la seule qui me vient à l'esprit.

Mais je m'égare, revenons à ma grand-mère. Toute jeune, j'adorais entendre qu'elle venait de ce pays lointain, la Pologne, et qu'elle avait rencontré en France mon grand-père Émile. Elle était sage-femme et lui jardinier, et ils vont vivre toute leur vie dans une de ces petites maisons alignées du Nord de la France. Et c'est de cette maison que je garde en mémoire des souvenirs si précieux :

- ma grand-mère et son pot de crème Nivea dont elle se badigeonnait à chaque fois qu'elle prenait le soleil sur son perron
- le coffre de leur voiture rempli à ras bord de victuailles quand ils partaient rendre visite à de la parenté en Pologne
- les heures que je pouvais passer, petite je précise, à peigner les cheveux de mon grand-père alors qu'il avait pratiquement une seule mèche blonde sur le dessus de la tête
- les grands repas de famille du dimanche avec le son de la télévision allumée car il ne fallait surtout pas rater les résultats du tiercé dominical. Quand le début de la course de chevaux apparaissait à l'écran, c'était automatiquement le silence total autour de la table... 
- les armoires de la salle de bain et particulièrement les trésors de ma grand-mère. Poudres, rouges à lèvres, parfums, etc. J'y passais des heures, j'avais le droit de toucher à tout, j'essayais, je reniflais
- Mes vacances en camping avec eux, avec le souvenir de mon grand-père qui encourageait sa voiture qu'il appelait affectueusement Titine à monter ces foutues routes abruptes de montagne, et celui de mes promenades du soir avant le dodo avec ma grand-mère, habillées toutes deux d'un châle de laine
- Sa façon à la fois douce et raide de remettre en place mon grand-père quand il se mettait à ronfler tellement fort qu'on pouvait l'entendre dans n'importe quelle pièce de la maison
- Son calme, sa voix douce, et sa coquetterie des pieds à la tête.

Elle s'appelait Erika, elle avait 87 ans et elle a décidé de tirer sa révérence. Je n'ai pas pu me déplacer pour ses funérailles, mais je l'aimerai toujours et, avec ce petit texte, je voulais lui faire un petit signe d'adieu à ma manière.

20 janvier 2013

Nous avons créé la machine Lance Armstrong

Je ne reviendrai pas sur la prestation de Lance Armstrong qui a pédalé face à la confidente du bon peuple américain, Oprah Winfrey, et qui aura été finalement ce douteux cirque médiatique auquel nous n'aurions pas dû prêter autant d'attention. Tout comme le corrompu Lino Zambito était venu redorer son image sur le plateau de notre émission populaire Tout le monde en parle, Armstrong est venu confesser ses fautes, comme le ferait un petit garçon à sa maman douce et ferme à la fois. «Tiens, sèche tes larmes et que je ne t'y reprends plus, ok ?»...

Oh, bien sûr, tout cela n'a pas manqué d'alimenter les conversations de coins de machines à café ou sur les tribunes sportives. Mais finalement, la conclusion semble unanime:  dans cette mise en scène marketing, Armstrong n'a rien révélé de nouveau que ce que l'on savait déjà. Parions que dans peu de temps, on passera à autre chose.

Pourtant, s'il y a bien une question à se poser collectivement, plutôt que d'échanger sur le langage verbal ou non du sportif déchu, c'est celle-ci : comment en sommes-nous arrivés là dans le monde du cyclisme (et dans d'autres sports) ?

Car ne nous voilons pas la face. Si monsieur Armstrong roulait aux produits dopants, il n'était pas le seul et ne sera certainement pas le dernier à le faire. De son plein gré, il a participé à cette mascarade de la performance qui mobilise des équipes sportives, des entraîneurs, et des médecins devenus sorciers ou magiciens. Pour mieux répondre à des publics toujours plus friands d'exploits surhumains.

Petite anecdote personnelle : quand j'étais enfant, je suivais assidûment le Tour de France car mon père était un passionné de ce sport. Chaque année, la famille était donc rivée au poste de télévision aussi bien pour le bulletin quotidien sur la course que le jour de l'arrivée. Cycliste amateur (il a quand même pédalé fort pour atteindre le sommet du mont Ventoux dans le Vaucluse!), mon père avait pour idole Bernard Hinault.  On disait même que mon père lui ressemblait un peu physiquement, ce qui le flattait à chaque fois. Le grand cycliste, que l'on surnommait «Nanard» ou «le blaireau» a gagné à la sueur de son front et de ses fesses cinq Tours de France. Je me souviens encore de sa chute dans un ravin en pleine course et en direct à la télévision. On le voit alors remonter tant bien que mal sur la route, le maillot jaune arraché et mal en point (tant lui que son vélo), et repartir à l'attaque. Une séquence qui aura marqué les mémoires des petits et grands. Bien sûr, on était de véritables sadiques qui, confortablement assis dans nos salons, semblaient avides de visages crispés de douleur des cyclistes dans les sommets des Alpes ou sur les interminables plats du Nord. Mais on savait reconnaître l'exploit, en termes de courage et d'intelligence stratégique), et on admirait véritablement le gagnant qui pouvait enfin s'asseoir sur son trône.

Je ne veux surtout pas faire de généralités car il existe de grands sportifs, amateurs ou professionnels, qui honorent leur pratique sportive en se dépassant constamment. Inspirants, ils ont toute mon admiration.

Mais, pour revenir à ma question, pourquoi en sommes-nous arrivés là particulièrement dans le cyclisme ? Permettez-moi d'avancer ma théorie; je crois qu'en tant que public (et donc en tant que société), nous sommes tous un peu responsables. De nos jours, seuls les gagnants sont valorisés, pas ceux qui y mettent l'effort et qui suent trop fort, et encore moins ceux qui arrivent derniers. Course à l'image, course au succès, course à l'argent. On veut du spectacle, et du grand. Le sport-plaisir est devenu ringard. Le sport-showbiz a la cote. Beaucoup rêvent d'ailleurs de devenir ces athlètes musclés, machines à sous et célèbres. Alors, dans leurs quotidiens qui semblent sans fards, certains usent d'hormones et de suppléments protéinés et d'autres se donnent corps et âme sur des tapis roulants. Les salles de gym poussent comme des champignons et les ventes de produits miracles enrichissent une industrie qui pèse déjà plusieurs milliards de dollars. Tout le monde est content.

Jouer les vierges effarouchées devant les simagrées d'un sportif déchu n'est que pure hypocrisie. Car nous savons que ce ne sont pas les aveux pleurnichards du cycliste qui vont, à eux seuls, réparer le tord fait au monde du cyclisme. Il est plutôt temps de demander également des comptes aux instigateurs et complices de ce large système de dopage. Car autant les admirateurs de ces sportifs sur deux roues se sont voilé la face, autant certains organismes ont bien dû fermer les yeux sur des pratiques douteuses qui n'étaient certes pas dans le secret des dieux.

15 janvier 2013

Où il y a de l'espoir, il y a de la vie


Il y a cette expression un peu bizarre qui est « refaire sa vie ». Il y a celle, plus emballante, « on n'a qu'une vie ! » (sous entendu, profitons-en!).  Pour ma part, je dirais que j'ai eu jusqu'à présent deux vies bien distinctes avec plusieurs chapitres. Deux vies parce que l'une a été vécue d'un côté de l'Atlantique à des âges où tout se construit, où les projets - même les plus fous - peuvent prendre forme. L'autre se vit de ce côté-ci de l'océan à des moments de ma vie où j'ai l'impression, peut-être fausse, que la folie n'a plus forcément sa place dans un cadre plus structuré où l'adulte doit travailler à assurer ses arrières ou plutôt son avenir. On a moins droit à l'erreur. Ce qui ne m'empêche pas, si je me fie aux soi-disant critères de réussite, de me considérer comme une éternelle bohème dans le coeur et dans la tête. Mais attention, toujours avec les deux pieds sur terre. Et je crois savoir d'où ça vient...

MA PREMIÈRE VIE LÀ-BAS

Premier chapitre : le petit bonheur
Je suis née dans le Nord de la France, et j' y ai vécu jusqu'à la pré-adolescence après avoir passé les toutes premières années de ma vie en caravane en raison du travail de mon père. Je changeai d'école tous les six mois d'où ma très bonne capacité d'adaptation. J'ai grandi à Wormhout, petite ville située dans les Flandres françaises tout près de la frontière belge. Si je regarde en arrière, ce furent les plus belles années de mon enfance. Puis mon père perd son emploi, nous devons quitter notre belle maison avec un grand jardin pour nous installer dans la région parisienne. Fin du 1er chapitre.

Deuxième chapitre : la révélation
Passons directement à la jeune vingtaine, sinon, j'aurai pu écrire un roman ! Je vis avec ma famille dans une ville dortoir de la banlieue de Paris qui sera le théâtre de la fin de mes études et de mon entrée sur le marché du travail. Pour la petite fille du Nord, la ville lumière si proche est une révélation. Pas question de rester en banlieue. Ma meilleure amie et moi rêvons d'habiter en son centre. Et nous y parvenons  même s'il a fallu faire des folies ! Après avoir, chacune, emprunté de l'argent à la banque, versé trois mois de loyer d'avance, obtenu et remis les nombreuses garanties de nos parents respectifs, nous emménageons enfin dans un petit appartement situé sous les toits dans le 17e arrondissement (avenue des Ternes). J'entends encore le déclic de la lourde porte cochère que je devais pousser chaque soir pour entrer dans le hall et me rendre chez moi en haut sous les toits...

Troisième chapitre : la grande séduction
Mi-vingtaine, le grand amour. Il était grand, il était beau, il sentait bon... un certain parfum Kenzo. Nous entamons une vie de couple bien rangée dans un autre appartement toujours situé dans le 17e arrondissement. La vie est belle, chacun a son boulot (j'avais la chance de travailler à dix minutes de marche de mon domicile. Un privilège que je savourais chaque jour) et nous sortions assez souvent, merci. 

Allions-nous poursuivre ce petit train-train agréable ? Bien sûr que non. Trop facile ! Il faut dire que mon amoureux était tombé en amour avec Montréal lors d'un précédent voyage et, en plus, il était particulièrement attiré par la culture américaine. Alors que j'aurais pu devenir la femme d'un fils de fermier (mon premier copain), j'avais du mal à réaliser que j'étais en train de faire des démarches pour immigrer au Canada/Québec. Nous nous marions, quittons nos emplois, payons nos impôts, vendons nos meubles, quittons famille et amis, pour finalement nous envoler vers Montréal le 9 juillet 1995 avec en poche nos papiers en règle, deux valises, notre chat, et une réservation dans un hôtel proche du Terminus d'autobus Berri. Pas de travail, pas de maison, pas d'amis.Tout sera à refaire de A à Z. J'ai 28 ans. 


MA DEUXIÈME VIE ICI

Premier chapitre : le bonheur ne dure que...
Quatre ans plus tard, une belle petite fille vient compléter le tableau. La vie a ses hauts et ses bas. Ce n'est pas parce que l'on change de pays que les soucis disparaissent, n'est-ce pas ? Il y a des joies, mais aussi des coups durs qui auront raison de la résistance de notre couple, à moins que ce ne soit cette stagnante impression de ne plus regarder dans la même direction. Le divorce sera prononcé onze ans plus tard, un 9 juillet, drôle de coïncidence... Il faut alors poursuivre la route, seule.

Deuxième chapitre : attention au mur
Je vous mentirai si la question de rester au Québec ou de repartir ne m'avait pas titillée. Mais peut-on vraiment y penser quand vous avez un enfant né ici ? Elle a depuis bien grandi et va, un jour pas si lointain, s'éloigner et voler de ses propres ailes. Autant commencer dès maintenant à me pencher sur le cas de ma petite personne. Il y a deux ans, après avoir travaillé comme une folle dans une agence où j'ai appris beaucoup et collaboré sur de beaux projets, j'ai frappé un mur et j'ai décidé de m'arrêter pour souffler, réfléchir... et écrire. Un temps d'arrêt salutaire mais qui entraîne des sacrifices; cette liberté a un prix. Tant financier que personnel car une telle transition n'est pas sans douleur ni sans de profonds doutes. Pourtant, est-ce en raison de ce début d'une nouvelle année, mais je me sens prête à vivre un nouveau chapitre de ma vie - à moins que ce ne soit une troisième vie -  à la fois emballant et stimulant et surtout avec ce petit brin de folie qui fait grandir sans trop réfléchir, que l'on ait 28 ans ou 45 ans ! On dit bien que où il y a de l'espoir, il y a de la vie.

Troisième chapitre : à suivre...

13 janvier 2013

Il n'y a pas que la Clique du Plateau à Montréal

Quiconque travaille ou a travaillé dans une moyenne ou grande entreprise connaît ce jargon de la haute gestion qui tourne autour de termes tels que comité de direction, comité exécutif ou conseil d'administration. Autant de démonstrations d'une « réunionite aiguë », qui caractérise le quotidien des employés et de leur directions. 

Certes nécessaires pour l'atteinte d'objectifs d'affaires, ces regroupements d'une certaine matière grise derrière des portes fermées de salles sans âme peuvent aussi être des passages obligés redondants et reproduits sur ce même schéma de l'ordre du jour et de l'inévitable compte-rendu. Celui-ci sera lu intégralement la plupart du temps, ou ignoré selon l'humeur. Ici, chaque jour à 11 h 30, les gestionnaires sont en réunion dans le bureau du directeur pour la revue de la journée. Là, le comité de direction se réunit tous les mardis midis dans la salle de conférence au 3e étage. Le lunch sera servi.

Ceux et celles qui ont déjà dû organiser d'importants conseils d'administration connaissent la complexité que revêt la confirmation de présence - en même temps - de différents grands pontes des milieux d'affaires, forcément hyper occupés par leurs propres fonctions de président(e) ou directeur(trice) générale. D'autant plus que la plupart siègent à de nombreux conseils à la fois. Mais comment font-ils donc pour accorder leur attention et leurs expertises à tous ces dossiers ? Je me le demande parfois.

Tout cela pour dire que je me pose une sérieuse question ces jours-ci : y a-t-il trop de comités, de commissions, de conseils, fédérations, d'ordres, etc. au Québec ? Ces cliques ont-elles toutes leur raison d'être ? D'autant plus qu'elles fonctionnent souvent en réseaux fermés. Ma réflexion est née d'une entrevue donnée par monsieur Charles Lapointe à l'émission de René Homier-Roy la semaine dernière. Déjà président et directeur général de Tourisme Montréal et membre de nombreux conseils d'administration dont celui du Musée des beaux-arts de Montréal et de l'organisme Mission Design, monsieur Lapointe vient d'être nommé président du Conseil des arts de Montréal. Une nomination qui a été approuvée par le Comité exécutif de la Ville et entérinée par le Conseil municipal et le Conseil d'agglomération (sic!). Ravi, celui-ci confirmait qu'il allait continuer le bon travail de sa prédécesseure, madame Louise Roy, et s'assurer que le Conseil soit toujours à l'écoute de sa communauté. Ah bon ? Mais qu'est-ce que cela veut dire vraiment ? N'y a-t-il donc rien à changer ? Vous trouvez vraiment, monsieur Lapointe, que Montréal est vraiment et suffisamment un terreau de créativité ? Je ne parle pas ici du Cirque du soleil, du Festival de jazz ou de la la troupe Les 7 doigts de la main. Je parle de création au quotidien pour tous, pour le petit gars de Hochelaga ou celui de Pointe Saint-Charles. Comme le soulignait monsieur Homier-Roy, maintenant que le béton est bétonné, va-t-on investir dans l'humain ? Va-t-on rendre la culture moins hautaine ? Ainsi, monsieur Lapointe, si au contraire, il fallait dépoussiérer les tiroirs, alléger les procédures d'administration, changer les vieilles rengaines et créer des plateformes spontanées de création. Ne trouvez-vous pas que c'est cela qui sortirait Montréal de sa torpeur ? Car vous le savez comme moi, ça prend toujours des tonnes de papier pour qu'un jeune artiste émergent puisse obtenir la moindre petite bourse ou une reconnaissance par votre fameux Jury des pairs...

Pour ma part, je commence à étouffer à l'écoute de tous ces regroupements d'élites ou d'une certaine intelligentsia qui semblent vouloir imposer leur influence. Je me lasse de ces termes d'inclusion qui ne font que créer des silos dans notre société qui est déjà tellement divisée. Tout me semble lourd, long, compliqué, immobilisé. 

La dernière nouveauté : ces forces indépendantistes qui s'unissent au sein d'un projet de mobilisation citoyenne appelé Convergence nationale. Des convaincus qui essaient de convaincre des non-convaincus avec la même recette de départ : établir une stratégie et créer une plateforme commune. En tant que fille du domaine des communications, je peux vous dire que ça va être long et cher, car je reconnais bien là un charabia marketing qui est tout sauf spontané, emballant et créateur. Dépitée, vraiment je le suis.

08 janvier 2013

Avons-nous perdu nos bonnes manières ?


En cette ère des communications 2.0 et de l'instantanéité de l'information, je me demande souvent où sont passées nos bonnes manières dans nos relations sociales mais aussi professionnelles.  Une question que je m’étais déjà posée il y a plusieurs mois dans le cadre du billet De la politesse, s'il vous plaît !  À croire que je deviens obsédée.  À moins que ce ne soit par déformation professionnelle.

Pour appuyer mon propos, je vais vous relater deux anecdotes. Vous me direz que ce n’est pas beaucoup pour faire un bilan, mais je ne serais pas surprise de lire que vous avez vos propres petites histoires.

Avant de commencer, je vous avoue que je vais être un peu lâche puisque je ne vais pas livrer de noms, d’une part parce que je ne suis pas une adepte de la délation mais également parce que je ne tiens pas à me faire d’ennemis alors que je suis à la recherche de l'emploi de mes rêves ! Je préciserais simplement qu’elles concernent des démarches de recruteurs à la recherche de professionnels des communications.  Communications comme habileté à entretenir des relations cordiales et de qualité…

Commençons par l’expérience que j’ai récemment eue avec un important cabinet de recrutement de Montréal.

Tout a commencé par un message téléphonique à la maison. « Bonjour, je vous appelle car nous avons un poste qui correspond à votre profil. Vous serait-il possible de me rappeler au numéro xxxx ? ». Mais très certainement !

Sans trop tarder, je saisis mon combiné pour rappeler mon interlocutrice. Malheureusement, je tombe sur sa boîte vocale. Je lui laisse un message. Un jour passe puis deux. Je me décide à rappeler. Boîte vocale de nouveau. En espérant ne pas être trop insistante, je lui envoie un courriel dans lequel je précise bien que je suis toujours disponible pour une discussion téléphonique si cela était toujours à l’ordre du jour. Je n’ai jamais eu de nouvelle.

Ma deuxième expérience, je l’ai vécue avec un membre du service des ressources humaines d’une importante agence, laquelle recherchait un responsable de ses communications internes et externes.

Jeudi fin d’après-midi, je consulte mon compte hotmail quand je constate dans mes courriels indésirables une adresse peu invitante intitulée noreply@invalidmail ». Intriguée, j'ouvre le courriel et découvre un message des RH de l’agence qui me demandent si je suis disponible pour une entrevue téléphonique car, encore une fois, mon profil (vive Linkedin !) les intéresse. Super sauf que c'est ce jeudi et que la journée est presque terminée…

Je réussis toutefois à prendre contact avec une personne qui me promet de m’appeler le lundi suivant dans la journée. Lundi fin d'après-midi, je reçois plutôt un courriel dans lequel on me propose un rendez-vous téléphonique le mercredi à 10 heures. Toutefois, le mardi matin à 7 h 30, j'avais déjà un autre message dans lequel on me demande si je suis plutôt disponible dans la journée. Pas de problème, vous pensez bien, et le rendez-vous est fixé pour 11 h 45 le jour même. Je prends soin de préciser que je serai sur mon lieu de travail et qu’il serait donc préférable que l'on m’appelle sur mon cellulaire. L’information semble bien claire pour réussir ce premier contact.

Mardi, 11 h 45 - 12 h - 12 h 15 - 12 h 30. Et si on m’avait appelée à la maison ?, me suis-je demandé. Je décide de vérifier. En plein dans le mille, j’avais bien un message complètement confus de la part d'une personne qui me donnait l’impression de lire en direct mon profil pour la première fois et qui m'annonçait qu'il ne correspondait pas vraiment aux exigences du poste. Avec cette phrase sublime en conclusion : « si je change d’avis, je vous fais signe. ». J'ai quand même pris soin de la rappeler pour connaître les raisons qui avaient écarté ma candidature et qui me permettraient d'ajuster le tir si nécessaire pour les prochaines opportunités. Embarrassée, elle m'a demandé si je souhaitais quand même passer l'entrevue (sic !). Je l'ai plutôt invitée à retirer mon dossier de candidature du processus. Pas fort pour une agence de communications.

Je pourrais continuer avec les fautes dans les prénoms ou noms de famille qui se glissent souvent dans les courriels, même si, en ce qui me concerne, ma signature précise bien Lydie et non Lydia, et, non, il n'est pas nécessaire d'accorder mon nom de famille parce que je suis une fille. Il y a aussi les incohérences ou étourderies qui font que vous pouvez recevoir des messages qui ne vous sont pas destinés ou, pire, qui contiennent le nom du concurrent de votre entreprise. Sans oublier l’obligation de devoir répéter deux fois la même chose parce que votre premier message n'a pas été lu jusqu’à la fin ou seulement en diagonale. Je terminerais en rappelant qu’un « merci », même tout seul, est la moindre des politesses.

Merci d'avoir pris le temps de me lire.

07 janvier 2013

Le Ritz-Carlton, les bonbons et le coffre-fort


Avant de vous relater ma petite anecdote du 31 décembre, je dois vous avouer que je raffole des bonbons – oui, oui, ces bonbons chimiques aux couleurs fluo et aux saveurs parfois surprenantes. Peut-être même plus que ma fille Zoé qui, pourtant, est une consommatrice un peu trop assidue. Il m’arrive même d’en acheter et d’en manger derrière son dos. Je sais, c’est mal…

Bref, je poursuis. Pour une troisième fois, j’avais décidé de passer la nuit du réveillon du nouvel an à l’hôtel avec ma fille; une façon de nous dépayser en jouant les touristes dans notre propre ville. Nous avions ainsi déjà séjourné à l’hôtel Germain, rue Mansfield, ainsi qu’au Petit hôtel, rue Saint-Paul dans le Vieux-Montréal. Cette expérience est à chaque fois « bonifiée » avec une dégustation de petites douceurs et de bonbons. La mère et la fille ont, chacune, leur propre petit sac contenant ses trésors soigneusement sélectionnés…

Nous avons dit bye-bye à 2012 à l’hôtel Ritz-Carlton. Entendez-vous les bretelles de mon soutien-gorge ? Oui, je me les pète ! Quelle expérience extraordinaire ! Tout est pensé pour le confort et la paresse. Qu’il s’agisse du poste de télévision au dessus de la baignoire ou de l’autre poste situé dans la pièce adjacente des lavabos. Des systèmes à distance pour descendre ou relever les stores ou pour agencer le niveau d’éclairage à notre goût. Ah oui, j’allais oublier les planchers chauffants de la salle de bain ou les toilettes dont le siège est chauffé en permanence (quel bonheur le matin au réveil) et dont le couvercle peut être commandé à distance en appuyant sur un simple bouton. Il ne faut pas se fatiguer quand même… Je terminerais avec la piscine de l’hôtel avec vue sur certains immeubles du centre-ville. Tout un décor la nuit tombée, alors que les flocons tombent doucement.

Un grand luxe auquel des novices comme nous peuvent s’habituer bien rapidement. Cela aurait pu être vraiment la grande classe si un petit incident n’était venu perturber notre parcours sans faute : le coffre-fort.

Voilà bien un accessoire indispensable pour quiconque souhaite mettre en sécurité de l’argent ou des objets de grande valeur, n'est-ce pas ?  Mais oui, c'était notre cas. Si, si. Vous ne voyez pas ? Et les bonbons, alors ! Zoé avait pris soin de les disposer à l'intérieur du coffre-fort le temps de notre repas du réveillon que nous avons partagé avec mon amie Karole. Ni vus, ni connus, les bonbons allaient pouvoir être tout à nous après son départ…

Avant de prendre sa douche, Zoé a décidé de se sucrer le bec et à réussi à ouvrir le fameux coffre-fort sans aucun problème. J’ai voulu l’imiter mais, allez savoir pourquoi, le code secret n’a pas fonctionné, Après plusieurs reprises, il fut bien sûr désactivé. À moins de le percer à la tronçonneuse, il n’y avait aucun autre moyen d'ouvrir le coffre que celui… d’appeler la sécurité de l’hôtel. Il est alors plus d’une heure du matin.

« Bonsoir, ici la chambre 912, serait-il possible d’envoyer un agent de sécurité car nous avons un petit problème avec le coffre-fort ? Je vous prie toutefois de l'avertir qu'il ne contient pas tout à fait ce à quoi il est destiné habituellement. »

« Aucun problème, madame, il sera là dans quelques minutes. »

Zoé s’était entretemps cachée dans la salle de bains, morte de honte. On frappe à la porte. Quelle surprise de voir non pas un agent mais deux. On ne sait jamais, considérant l'avertissement que je leur avais servi. Nous nous dirigeons tous les trois vers le coffre-fort.

« Comment allez-vous ? Est-ce occupé ce soir ? » est le genre de questions que j’ai posées pour faire diversion avant que l’un des agents, qui était en train de démonter le coffre avec un tournevis, ne découvre ce pourquoi nous les avions appelés…

Bien sûr, j’aurais pu mettre la faute sur le dos de ma fille qui se serait trompée de code pour mieux cacher son trésor, bla bla bla. Malheureusement, quand le coffre fut enfin ouvert, ce n’est pas un, mais bien deux beaux sacs de bonbons qui apparurent, deux comme autant de personnes qui occupaient la chambre. Une pré-ado et une adulte…

Je crois que je devais être tout aussi contente que Zoé derrière la porte fermée de la salle de bains. Tellement contente que les deux agents de sécurité eurent ce large sourire de ceux qui ont vraiment le sentiment du devoir accompli.

Cette visite fait-elle dorénavant partie de leurs anecdotes surréalistes ? Peut-être. Mais une chose est sûre : l’entrée dans la nouvelle année a été parfaite pour ma fille et moi car elle a commencé avec un bon fou rire.

06 janvier 2013

Meilleurs voeux pour 2013 !


Certains disent que les années paires sont idéales, d'autres que 2013 sera meilleure que 2012. 

Une chose est certaine, celle-ci est nouvelle. Je vous la souhaite heureuse, joyeuse, amoureuse, fonceuse, rieuse. Bref, tout sauf frileuse...

Bonne et heureuse année du Québec !