21 février 2014

Pour la première fois, je ne voterai pas.

Avant que les partisans du parti québécois ne s’insurgent en pensant que je vais encore vomir sur eux, je les rassure tout de suite, nul n’est ici le but de mon propos. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec ses propositions. Non, je dirais même que je m’excuserais presque de ce que je vais écrire ici. Ou plutôt, je suis triste. Triste parce que j’ai toujours aimé la politique, j’ai toujours aimé m’intéresser à elle, ici et ailleurs, et aux enjeux sociaux qu’elle déclenche et qu’elle gère. Mais voyez-vous, elle, la politique, ne s’intéresse plus à moi. Je dirais même plus, je ne l’intéresse plus.

Parce que, voyez vous mesdames et messieurs, selon moi, la politique a perdu ses lettres de noblesse au profit de la politicaillerie. Nous ne sommes plus en face d’esprits visionnaires mais de comptables et de bureaucrates qui comptent leurs petits sous sur le dos d’une classe que l’on dit moyenne. Moyenne comme dans « bonasse ». Comme celui d’une petite chèvre, on lui gratte la laine sur le dos pour se vanter de sauver le troupeau entier.

Une économie solidaire et une responsabilité collective, de quessé ? Quelque que soit la ligne de parti, on préfère miser sur la notion de peur qui investit tout le discours politique dans nos médias et dans la chambre de tous les débordements, l’Assemblée nationale. Une sorte de propagande simpliste pour faire avaler des couleuvres à une société déjà acculée au pied du mur.

De cette politique là, je n’en veux plus. On m’invite à participer à de prochaines élections en me considérant comme un simple numéro qui ajoutera du poids dans ce qui ne ressemble qu’à une loterie de pouvoir. Pas en tant que citoyenne d’une société au développement de laquelle je contribue chaque jour.

On me fait miroiter des jours meilleurs, un vent de changement, des décisions responsables, etc. Or, depuis plusieurs années, malgré un nombre d’années d’expérience professionnelle en hausse, je vois mon niveau de vie en continuelle baisse. De plus en plus dans un statut de précarité à long terme, je survis. Mère monoparentale, il n’y a pas si longtemps, j’ai vécu avec les 750 dollars par mois remis par l’assistance sociale. Qui peut réellement s’en sortir avec un montant pareil alors que tous les biens de première nécessité augmentent ? Hein, qui ? Je ne parle pas de voyage dans le Sud, là… Et le pire dans tout cas, c’est que je ne suis pas la seule à ressentir cet étau. Rendez-vous dans des groupes de soutien à la recherche d’emploi. De la détresse à la tonne,  je vous dis.

On m’annonce un projet de prospection de pétrole sur l’île d’Anticosti avec des retombées de soi-disant 45 milliards de dollars sur 30 ans. Ces retombées vont retomber où ? Seront-elles disponibles pour tous, pour un fonds pour les futures générations ou pour éponger des dettes accumulées par des individus véreux. Verrons-nous des Rambos du pétrole comme ceux que l’on découvre sur la Côte-Nord ? Enfin, je dis « découvre », il semble bien que les hautes instances avaient été informées depuis le début sans bouger ne serait-ce que le petit doigt. Ne soyons pas dupes, l’or noir va attirer toute sorte de monde comme des abeilles sur un pot de miel, et plusieurs vont s’en mettre plein les poches. « La prospérité économique de la province, ah, j’savais pas. »

Sans compter que cette annonce de prospection ne s’inscrit même pas dans un plan global de développement durable. J’acquiescerai uniquement lorsqu’on adoptera en parallèle des mesures réalisables et mesurables (et oui difficiles à prendre) de réduction de gaz à effet de serre à court terme, y compris par une réduction du parc automobile. Je ne peux pas croire qu’avec toute l’eau dont on dispose et les fleurons comme Bombardier, on n’ait pas encore trouvé de solutions novatrices…

Dans le nouveau budget, on m’annonce une augmentation des budgets des ministères de la Santé et de l’Éduction. Que c’est louable. Mais pour payer quoi ou qui ? De nombreuses voix commencent à s’élever dans le milieu de la santé pour dénoncer la bureaucratie, la multiplication des petits chefs, de paliers décisionnels, de rapports à fournir et j’en passe. Pendant ce temps, le travail en première ligne – soit les services fournis aux patients – en pâtit. Même chose pour l’éducation. N’y aurait-il pas lieu de faire un dégraissage dans les commissions scolaires qui ne sont pas toutes sur la même longueur d’ondes (cf. les dernières défections en masse).

Tout ça pour dire que cette politique là m’ennuie. Elle m’ennuie car il lui manque un esprit, une vision, un projet, de l’imagination. Cette politique là, basée sur le rappel continu de querelles et de ressentiment, ne m’inspire plus. Ce poids de la mémoire dans notre avenir collectif me fatigue. Il faut redéfinir un nouvel horizon fort et collectif. Sinon, le principe de nation – dans son sens le moins noble – reprend de la force. On le voit bien ces derniers temps…

La souveraineté ? Oui, peut-être. Mais faisons d’abord un très gros ménage dans la maison pour aérer et surtout épousseter tous ces amas de poussière qui nous empêchent de bien respirer. Surtout quand a le cran de la ceinture serrée au maximum. En attendant, la commission Charbonneau, les dépassements de coûts et les irrégularités dans la construction d'infrastructures d'envergure, les études, comités et discussions à n'en plus finir autour d'enjeux urgents ne me donnent pas l’impression de bases suffisamment solides. Aucune fierté derrière tout ça. Et quand je parle de fierté, je ne parle pas de celle d’être Québécois, blanc, noir, etc. mais celle des accomplissements. La notion la plus importante à mes yeux.

Alors, messieurs et mesdames les politiciennes et les politiciens de CHACUN des partis en lice, je vous souhaite de tout coeur une belle campagne. Pour ma part, je ne voterai pas, cela ne vaut pas le déplacement…

17 février 2014

Citation...

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. »
Benjamin Franklin

06 février 2014

Appelez-moi Jean-Philippe !

Vous ai-je déjà dit que j’ai toujours rêvé d’être une Marie-France Bazzo en puissance, surtout quand elle était au micro de la défunte émission Infinitif présent ? C’était il y a quelques années déjà, mais depuis je n’ai jamais perdu ma passion de la radio et des médias en général. Surveillez bien vos ondes, un jour prochain, vous entendrez ma voix…

Aujourd’hui, même si j’admire toujours madame Bazzo, je dois avouer que j'ai une autre idole. Je l'admire et je l'envie. Il s’appelle Jean-Philippe. J comme dans « jeune » et P comme dans « provocateur ». Ce sont des indices que je vous donne là. Allez, réfléchissez-bien. Jeune provocateur, radio, homme…

Oui, bingo ! Jean-Philippe Wauthier ! C’est lui. Oui, oui, je suis en amour. Professionnellement parlant. À mon avis, monsieur Wauthier est une figure parmi d’autres d’un vent nouveau qui souffle sur notre paysage médiatique trop lisse, trop propre, et oui, trop blanc ; mais ça c’est une autre histoire pour un prochain billet. Je pense par exemple à la folie d'À la semaine prochaine et de sa troupe déjantée. Mais avez-vous déjà écouté l’émission La soirée est encore jeune, le vendredi soir à 19 h 00 sur les ondes de Ici Radio-Canada Première ? Pendant une heure, nous avons droit à une revue de l’actualité de la semaine sur un ton décalé et caustique (tel qu'écrit sur le site de Radio-Canada). Et c'est vraiment le cas. L’excellente équipe de l’émission (en plus de l’animateur, notons Olivier Niquet, Jean-Sébastien Girard, Fred Savard, Jean-Philippe Cipriani) n’hésite pas à user de chroniques et de sketches à la limite de l’irrévérencieux. Même avec les personnalités VIP invitées en studio. Et mon dieu, que ça fait du bien ! 

Le fait d’entendre régulièrement les opinions du même groupuscule d’animateurs-journalistes-chroniqueurs sur les pages de nos journaux, à la radio et sur les réseaux sociaux devient quelque peu étouffant, et même plus mais je ne trouve pas le mot… Bien que leurs interventions puissent souvent être fort intéressantes, il n’en reste pas moins qu’elles sont le reflet de leurs propres interprétations de l’actualité. Et qu’il est difficile de faire la nôtre sans accès à une information plus large et plus objective. Je ne dirais pas qu’une émission comme La Soirée est encore jeune comble ce manque, mais elle a au moins le mérite de mettre le doigt sur les bons coups et les travers de notre société et ce, sans hypocrisie ni censure. Enfin, jusqu’à maintenant…

Comme dans tous les pays du monde, la télévision et la radio restent des vecteurs importants d’information ou de divertissement. Normal qu’elles offrent du bon et du moins bon, quand ce n’est pas carrément de la merde. Appelons les choses comme elles sont, n’est-ce pas ?

Au Québec, j’ai remarqué avec plaisir que le paysage médiatique (je ne parle pas de l'imprimé, notamment les magazines encore à la traîne) évolue dans le bon sens. Particulièrement en ce qui concerne la télévision et les séries web. On sent la contribution et la détermination de créateurs nouveau-genre. Dans un contexte aussi fort de convergence et de petit marché, je leur tire mon chapeau.

Je prends pour exemple l’excellente Série Noire sur Ici Radio-Canada Télé (qui se situe, selon moi, dans la lignée des excellents Invincibles, Minuit le soir, Apparences, ou encore Les Bougon). Je citerais aussi Télé-Québec, la petite chaîne qui ose. Avec, notamment, l’émission d’humour absurde Les Appendices, ou Les Gars des vues, véritable vitrine de nos jeunes créatifs dont on parle tant. Il y a aussi le rendez-vous hebdomadaire avec Deux hommes en or (avec Patrick Lagacé et Jean-Philippe Wauthier; je vous jure que je ne l'ai pas fait exprès...). En passant, je vous invite à assister à l’enregistrement de cette émission un de ces jours, c’est très sympa. Je terminerais cette liste d'exemples non exhaustive avec la chaîne câblée MAtv qui mérite bien son titre de télévision citoyenne tant sa programmation est instructive, exclusive et de proximité. L'émission Premières vues animée par Frédéric Corbet est excellente, tout comme Mise à jour avec Karima Brikh ou encore Montréalité avec Katherine-Lune Rollet.

Cette évolution est incontournable. Je crois vraiment que nous sommes arrivés là. Aux côtés de programmes plus traditionnels, on a besoin de plateformes média qui « dérangent, qui bousculent et qui nous surprennent », pour reprendre les termes de Thérèse Parisien, chroniqueuse culturelle sur les ondes du 98,5 FM. Cela comprend aussi des débats ou des talk-shows qui brassent sur des enjeux de société. Ça va venir. Mais attention, pas besoin de s'engueuler ou de se mettre en pétard à chaque fois, il suffit juste d'aborder les choses avec un peu d'humour sarcastique. Il y en a un qui fait ça très bien sur nos ondes mais je ne vous dis pas qui...